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Vendredi 30 septembre 2005

Ben oui

Non vous ne rêvez pas c'est bien moi le POÈTE DE MONTRÉAL qui se décide enfin à travailler un peu son blog... 

En passant je viens de mettre en lignes trois nouvelles que j'ai écrites...  J'espère qu'elles vont vous plaire...   Je vais essayer de mettre en ligne au fils du temps les textes et poèmes que je préfère.

 

DÉFI COQUERELL VS LA BELLULE

L'an passé avec ma petite française préférée et d'autres amis du web, je m'amusais à lancer des défis d'écriture que les gens devaient relever...  Je reviens donc à la charge aujourd'hui avec un nouveau défi...

Le défi consiste à raconter une journée dans la vie d' Amélie la Marguerite en intégrant dans votre texte la liste de mots suivante...

ALUMINIUM, BICHE, CÉLERI, DONJON, ÉPHÉMÈRE, FLÈCHE, GLACIER, HÉLICOPTÈRE, INCARNÉ, JUPETTE, KIMONO, LÉZARD, MANDOLINE, NÉOCLASSICISME, ORTEIL, PATURAGE, QUILLE, RAFALE, SOCQUETTE, TENDON, URTICAIRE, VERBIAGE, WINCHESTER, XÉNOPHOBIE, YAOURTIÈRE, ZÉRO

Bonne chance à tous ceux qui vont osez se prêter au jeu...

Par Le Poète
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Vendredi 30 septembre 2005

C’était en été ou en automne, je ne me rappelle plus trop…  C’était la nuit, l’air était lourd, dans ma chambre règnait une chaleur épouvantable, étouffante.

Tu étais étendue nue sur le ventre, une cigarette entre les lèvres, sur le vieux canapé jaune, tu lisais un roman d’amour à l’eau de rose.  Tu étais si belle, tes longs cheveux noirs retombaient sur tes épaules, me cachaient partiellement ton visage.

J’étais assis à ma table de travail, devant moi, était posé une tasse de café noir bien fort, une feuille de papier et une vieille plume usée.  Ils semblaient me narguer, rire de mon désarroi, de mon manque d’inspiration, du vide qui semblait habiter ma tête rousse.  Pourtant les idées étaient bien là dans mon esprit mais je semblais incapable de les exprimer en des mots tout l’amour que je ressentais pour toi.

J’aurais tant aimé pouvoir t’écrire un hymne superbe en hommage à ta beauté mais tous mes mots me semblaient bien pâles, beiges, insipides, sans saveur par rapport à la femme merveilleuse que tu étais.   J’étais triste de ne pas trouvers les vers, les strophes qui te rendraient justice.

Après plusieurs minutes, je me suis levé et je me suis approché de toi.  Tu as levé les yeux de ton roman et tu m’as souri.    Un sourire apaisant, un sourire confiant, un sourire aimant.  Puis dans ton regard amoureux, j’ai trouvé la solution; mon problème ce n’était pas les mots, ce n’était pas les idées mais bien le médium que je voulais utiliser…  Ta peau blanche serait donc le canevas sur lequel j’écrirais ma poésie.

J’ai tendrement déplacé ta noire chevelure, je me suis ennivré du ton parfum, j’ai embrassé tendrement la peau délicate ainsi dévoilée de ta nuque et armé d’une plume imaginaire, j’ai écrit tendresse sur tes omoplates.  Tendresse, comme celle que je ressentais pour toi chaque jour un peu plus.  Tendresse que j’éprouvais au contact de ta fagilité de petite fille blessée par la vie.   Tendresse qui m’envahissait chaque matin béni où je me réveillais avec ta présence rassurante à mes côtés.

Tout en laissant toujours glisser mes doigts sur ta peau (et parfois mes lèvres aussi, je l’avoue), j’ai inscrit les lettres du mot liberté sur tes hanches.  Liberté comme l’oiseau rebelle que tu étais et qui refusait toujours de se retrouver en cage.  Pour cette soif de vivre que tu avais et qui te poussait toujours à aller un peu plus loin, à toujours aller au bout de tes fantasmes, de tes rêves.  Liberté de celles qui savent que la vie n’est pas éternelle et qu’elle doit être vécue sans compromis.

Tendrement, sans me presser, pour laisser le temps à l’inspiration de revenir, je me suis mis étendu sur ton corps tout chaud.  Je t’ai serré tendrement dans mes bras, mordillant les lobes de tes oreilles.

Puis bien-sûr, j’ai fini par arriver à tes fesses, tes belles petites fesses rondes.  Et juste à côté du petit diable que tu y avais de tatoué, j’ai laissé mes doigts tracer ton prénom.  Pour moi, il sagissait alors du plus beau des poèmes, le prononcer était toujours pour moi d’une extrème douceur.  Chaque syllabe, chaque lettre était pour moi comme un appel à l’amour.  Ce prénom je l’aurais murmuré, sussurré, crié pendant des jours et des nuits juste pour te montrer combien je t’aimais.

J’aurais bien laissé mes doigts se faufiler coquinement vers l’ouverture qui s’offrait alors à moi entre tes chairs mais j’avais un poème à terminer…  J’ai donc continuer de faire descendre ma plume imaginaire jusqu’à tes cuisses, je devais y inscrire le mot rêverie.  Car chaque jour passé en ta folle compagnie, chaque nuit passée en compagnie de ta chaleur sont pour moi comme autant de rêves, de moments de découverte.   Avec toi jamais rien de prévisible, seulement de l’innattendu, de la magie.   Si souvent je me retenais pour ne point me pincer de peur de me réveiller et de te perdre à jamais.

Sans dire un mot, sans m’interrompre, tu t’es retournée.  Tu me faisais maintenant face, tu me regardais de ton doux regard bleuté plus profond que les océans, j’aurais bien pris quelques instants pour m’y noyer mais j’avais un travail à terminer.   Sur la peau lisse de ton front, j’ai délicatement posé mes lèvres avant d’y écrire le mot complicité.   Cette complicité nous unissant, plus belle et plus forte que les aléas de l’existence.  Cette complicité qui nous permettait de passer au travers des pires tempêtes, sans faire naufrage.  Pour moi tu étais plus qu’une maîtresse, qu’une amie tu étais une compagne, une complice, une autre moitié de moi-même.

Sur tes lèvres rouges, je n’ai rien inscrit, pas un mot, pas une parole.  J’ai préféré unir mes lèvres aux tiennes en un long et chaud baiser passionné.  Pour décrire la chaleur d’un seul de tes baisers, aucun mot n’aurait été assez beau.  J’ai donc préféré me taire et laisser parler mon corps, mes gestes à la place.   Je ne crois pas que tu te sois opposée à mon choix, tu me semblais plutôt consentante…

Revenant à ma mission après cette intermède charmant, je devais trouver quoi inscrire sur ta gorge.   Je n’ai trouvé que le mot confiance.   Je ne voyais pas l’utilité de t’expliquer pourquoi, de te dire les raisons me poussant à toujours te croire chaque fois que les yeux plein d’eau tu me disais que tu m’aimais…

Sur ton sein gauche, ma plume imaginaire a laissé la trace de mon nom pour que toujours tu le gardes tout près de ton coeur. Pour que toujours tu ne puisses oublier combien moi aussi je pouvais t’aimer.  Je voulais que tu saches que malgré tous les coups durs, je serais toujours là pour toi…  

Rendu à ton nombril, j’ai inscrit le mot univers, car avec le temps et sans t’imposer, tu en étais venue à devenir le centre de mon Univers, ma principale raison de vivre, l’air emplissant mes poumons, la source à laquelle j’allais m’abreuver…

J’étais maintenant rendu en ces lieux que ma pudeur, m’empêchent de nommer par leurs noms.  Tout en les explorant, les titillant, les caressant du bout de ma langue, j’ai laissé mes doigts y inscrire le mot sensualité.   Je ne crois avoir à te dire pourquoi j’avais alors choisi ce mot en particulier.  Tout en toi respirait la sensalité, le moindre de tes mots, n’importe quel de tes regards, chacun de tes gestes, la plus insignifiante des tes paroles.

Les mains plongées dans ma chevelure rousse, tu m’as empêché de pousser plus loin mon délire poétique…  Les mots étaient désormais inutiles, il n’y avait plus que les gestes qui comptaient…  Ensemble nous avons alors écrit le plus beau des poèmes, celui deux êtres qui s’aiment.

 

 

Par Le Poète
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Vendredi 30 septembre 2005

 

 

Enfin de retour au sentier sinuant au cœur de la verte forêt.  Ce sentier mille fois emprunté les jours de vague à l’âme et de déprime.  En marchant dans ce sentier il oubliait la ville et tous ces tracas; le boulot qui depuis longtemps il n’aimait plus, ses trop nombreuses déceptions amoureuses, tous les rêves qu’il avait abandonné aux exigences de la vie. 

Il marche sans se presser, une cigarette entre les lèvres et un bout de bois à la main.  Sous ses vieilles bottines, toujours les même pierres, rien ne semble avoir changé, la forêt est toujours la même; envoûtante,  sereine et apaisante.  Il peut laisser à loisir son cerveau vagabonder dans ses souvenirs, les yeux fermés, il reconnaîtrait le chemin. 

Puis il arrive au ruisseau, son refuge secret depuis toujours, ici il a si souvent laissé sortir sa rage et ses pleurs.  Pour seuls témoins les oiseaux et les grands arbres complices.  Il s’installe sur une roche et les pieds dans l’eau, se met à rêver.  Tout à coup son regard est attiré par une boîte de métal rouillée traînant au pied d’un bouquet de fougères…  Il se lève, la ramasse, hésite quelques secondes avant de l’ouvrir.  Dedans il trouve un bout de papier parfumé, dessus d’une belle écriture féminine, il trouve un nom, un numéro et deux, trois phrases douces comme autant de caresses…

Les souvenirs lui reviennent alors, c’était l’été il faisait chaud et humide.  Ses pas comme tant d’autres fois l’avaient mené au ruisseau.  Il avait le cœur en morceau, l’âme à la dérive pour une minette qui n’avait pas su l’aimer.   Dans sa tête trottait un poème dans lequel il aurait pu crier sa peine.

Il venait à peine de franchir la barrière des rochers lorsqu’il t’avait vue, tu étais là te baignant dans l’eau fraîche du ruisseau ayant pour unique tenue, la couleur de ta peau qui contrastait avec l’éclat de tes longs cheveux roux.  Immobile il était resté là à t’observer, te regarder sans oser dire un mot.  Toi sans gêne aucune, tu t’étais retournée, tu l’avais fixé un instant de tes profonds yeux bleus avant de te pencher pour ramasser ton paquet de cigarette.  Tu lui avais alors demandé si par hasard il n’avait pas du feu.  Il s’était empressé de te tendre son briquet.  Pendant qu’à tes lèvres le tabac grésillait, tu riais de son malaise, de ses yeux qui n’osaient pas trop se poser sur tes formes généreuses et gracieuses.

D’un geste de la main tu lui avais indiqué ta serviette où vous vous étiez installés.   Puis une longue discussion s’était amorcée, une discussion étrange où se mêlaient vos deux solitudes.  Vous avez parlé de tout et de rien, de vos rêves et de vos désirs.  Rencontre fortuite de deux âmes complices qui venaient de se trouver.

À tour instant, à mots couverts, tu répétais ton souhait d’être aimée dans la forêt.  Vous vous êtes étendus dans les fougères et tu lui as alors offert ta bouche étrangère, tes lèvres affamés de baisers.  Il a frissonné au contact de ton corps nu.  Au fond de son regard alors tu t’es vue, tu as vu ta souffrance, tes peines et tes peurs.  En silence tu l’as pris contre ton cœur.  Un léger vent frais soufflait entre les branches de la forêt, laissant entendre une douce mélodie.  Vous êtes restés ainsi un long moment sans rien dire, tendrement enlacés sans oser bouger.  Puis il ramassa un brin d’herbe qui promena sur ta peau blanche de rouquine.  Le brin d’herbe se promena dans ton cou, sur tes épaules, sur tes bras, sur tes seins gonflés de plaisir, il errait sans se presser tout doucement.  Toi tu souriais comblée et heureuse sous les caresses de cet inconnu que pourtant tu avais l’impression de connaître depuis toujours.

Tu te relevas un peu et tu lui enlevas ses vêtements, son chandail froissé, ses vieux jeans rapiécés.  Coquine et enjôleuse tu l’entraînas alors au ruisseau pour un bain frais et revigorant.  Heureux mélange que la fraîcheur de l’eau qui coulait sur ta peau, entre tes jambes et la chaleur de ses caresses.  Petit à petit tu perdais tout contact avec la réalité, tu ne plus qu’une chose, le sentir en toi, sentir son sexe te pénétrer, se frayer un chemin au cœur de ta féminité.  D’une main experte et confiante, tu agrippas  sa verge chaude et dure et après quelques caresses câlines et vigoureuses, tu lui montras le chemin entre tes cuisses fermes et humides.  Vous roulâtes alors sous l’ombre des grands arbres en un agréable va-et-vient sensuel.  Ses mains se perdaient dans ta chevelure bouclée, ses dents mordaient tes mamelons gorgés de sang.  Sous ton dos l’agréable piqûre de l’herbe que tu écrasais.  Puis vint la jouissance, tous tes membres qui se tendaient au même instant.  Ces cris qui venaient briser le silence de la forêt, était-ce bien de ta gorge qu’ils provenaient, tu ne pouvais le croire.

Lorsque finalement la nuit tomba sur la forêt, vous étiez toujours tendrement enlacés au milieu des fougères.  Au dessus de vous brillaient mille étoiles, plus que tu n’en avais jamais vues.  Lui il dormait à tes côtés, un sourire illuminant son visage.  Sans dire un mot, tu ramassas tes vêtements, tu te rhabillas en chantonnant.  Avant de partir, tu te penchas pour l’embrasser sur le bout du nez et sur son sexe maintenant endormi.  Tu partis alors comme une voleuse, sans un seul regard dans sa direction, il était temps pour toi de retourner dans ce monde où il n’avait pas de place.

C’est à cet intermède interdit qu’il pense en enlevant ses vêtements pour plonger dans le ruisseau.  Qu’elle agréable sensation que cette eau froide sous le soleil brûlant.  Assis sur sa pierre en attendant que vienne la nuit, il revoit ton corps qui si souvent depuis est venu hanter ses rêves et ses nuits sans sommeil.  Il te revoit, fumant devant lui sans chercher à se cacher. Il revoit les gouttes d’eau brillant sur ta peau nue sous les reflets des rayons du soleil.  Il revoit ton sexe ouvert, invitant pour sa bouche et ses lèvres.  Il revoit les feuilles mortes qui se mêlaient à ta chevelure. 

Il se souvient de son réveil au milieu des fougères, ton absence lorsqu’il ouvrit les yeux.  Ce rêve qui se terminait sans qu’il ne sache trop si cela était vraiment réel.  Il se souvient d’avoir repris sa promenade dans la forêt le cœur un peu plus léger et le corps meurtri. 

Depuis il avait tout tenté pour t’oublier, passant sans jamais s’y arrêter dans le lit de sublimes inconnues qui lui donnaient leurs corps mais jamais leurs cœur. 

Enfin la nuit, enfin vient le sommeil, il se couche au milieu des fougères.  Là même où il t’avait aimée et enlacée.  Là même où pour quelques heures il avait cru toucher au paradis.  Longtemps ton image, tes yeux, ton sourire, ta peau viennent hanter son esprit avant que ne vienne le sommeil.

Quel est donc ce bruit qui vient troubler son sommeil, mais oui c’est le chant des oiseaux, le soleil se pointe doucement au travers des branches des arbres…  Il s’étire, baille, et finalement ouvre les yeux.  Rien n’a changé, le ruisseau coule toujours à côté.  Il se retourne, attrape ses vieux jeans, son chandail froissé, s’habille sous les chauds rayons du soleil.  Apaisé et triste à la fois, il s’apprête à quitter son refuge.  Juste avant de partir, il repense à la boîte de métal, la ramasse, y prend le bout de papier et le jette au ruisseau, sachant qu’il est impossible de faire revivre le passé.  Comme il le regarde s’éloigné porté par les remous une douce voix se fait entendre; « Pardon auriez-vous du feu? »

 

Par Le Poète
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Vendredi 30 septembre 2005

 

Ce fut un voyage long et épuisant, quatre heures de route dans les bouchons de circulation et les travaux. Maintenant, tu n’as plus qu’un seul désir, rentrer à la maison et enfin tout oublier.  Oublier les contrats, les coups de fils à donner, les échéanciers jamais respectés, les clients toujours plus détestables.   Tout oublier du monde et ses tourments. 

 

Tu tournes la clef, tu ouvres la porte, tu entres, le salon est déserté.  D’un rapide coup d’œil tu vois sur la table, un café refroidi et un cendrier.  La télévision est restée allumée, elle joue pour personne. Tu déposes tes valises, tu enlèves ton manteau, un courant d’air, tu frissonnes.  Tu t’allumes une cigarette, faible lueur au cœur de la nuit.  Tu entres dans la chambre, le lit est défait, tu souris.  Au loin tu entends les cris d’une chatte en chaleur qui déchirent le silence.  Tu humes l’air, flotte partout son doux parfum, elle n’est pas loin, tu sens sa présence.

 

Un peu de lumière filtre sous la porte au bout du couloir; elle prend  son bain, tu aurais du le deviner, le savoir.  Tu ôtes tes souliers, tu traverses le corridor sur la pointe des pieds.  Tu jettes un rapide coup d’œil à ta montre, l’heure du crime a sonné, il est minuit.  Tu pousses la porte sans te presser, en faisant bien attention de ne pas la faire grincer. 

 

Quelques chandelles sont déposées ici et là, de son petit radio sortent de vieux accords de jazz, un léger vent frais fait danser les rideaux de la fenêtre restée entrouverte. 

 

Allongée dans le bain, assoupie, les yeux clos, elle ne te voit, ni ne t’entend.  Il n’y a que son visage, que le bout de ses seins et que ses genoux qui émergent de sous la mousse blanche.  Charmant tableau; penses-tu en silence, c’est vrai qu’elle est belle à voir.  Tu réalises à l’instant toute la chance que tu as d’habiter avec elle. Tu te donnes une poussée pour poser tes fesses sur le comptoir, le temps de terminer ta cigarette.

 

À cet instant où l’espace temps semble avoir arrêté sa course folle, tu aimerais bien savoir les pensées qui habitent son esprit.  Elle te semble si bien, Alice au Pays des Merveille,  partie ailleurs dans un monde imaginaire qui t’es inconnu.  Tu la regardes, tu l’admires et tu sens battre ton cœur tandis que remonte en toi un sentiment que tu croyais endormi.   Remontent aussi en toi des désirs, des pulsions, de délicieuses envies de te foutre des interdits ainsi que des convenances.  Tu voudrais te laisser porter pour un soir par la douce indécence.

 

Ta cigarette finie, tu la jettes au lavabo.  Pour l’éteindre comme il faut, tu fais couler un mince filet d’eau qui brise tout doucement le silence.  Elle tourne la tête, ouvre ses beaux grands yeux verts et se met à te sourire.  Comme toujours ce sourire réussi à te faire fondre, à te faire perdre tous tes moyens.

 

   - Est-ce que ce cela fait un long moment que tu es ici? Te demande-telle ne semblant nullement surprise par ta présence.

 

   - Non, juste quelques instants, seulement le temps de t’admirer un peu, de me laisser séduire par le tableau (c’est un pieux mensonge mais tu sais au fond de toi qu’elle ne t’en voudra point).

 

Elle te fait alors la plus merveilleuse des grimaces.  Elle prend un peu de mousse et souffle dessus pour qu’elle s’envole comme le ferait une enfant.  Toi, tu avances la main pour tenter de l’attraper, tu n’attrapes que du vide.  La mousse flotte un instant dans la pièce avant qu’elle ne s’écrase sur le plancher de céramique.

 

                                                                                                                                             Elle se lève, l’eau savonneuse coule sur ses seins, glisse sur son corps, descend sur sa peau, se faufile jusqu’à ses reins où tu remarques un nouveau tatouage; un petit démon lui ressemblant tellement.  Elle suit ton regard qui se pose un instant sur ses hanches puis elle tente maladroitement d’essuyer le surplus de savon collant à sa peau blanche.  Tu t’avances, tu t’approches sans dire un seul mot, les mots auraient été inutiles de toute façon.  Tu prends la douche-téléphone, l’eau chaude gicle sur sa peau, dans son dos.  Tout en douceur, en prenant ton temps tu rince ses longs cheveux blonds.  Tu prends bien soin de ne pas lui mettre d’eau dans ses grands yeux rieurs.

 

Gamine docile, elle se laisse faire avec grand plaisir. Qui n’en ferait point autant?  Comme tous, elle a soif d’amour, de tendresse et d’ivresse.  En gémissant, en se laissant emporter par le désir, elle laisse ses doigts se faufiler jusqu’à ton pantalon, jusqu’à la fermeture éclair qu’elle détache en te faisant un clin d’œil.  Ton pantalon glisse, se retrouve sur tes talons. Tu le repousses au loin d’un vigoureux coup de pied, tu enjambes le rebord du bain et tu la rejoins.  Sous ton chandail déjà détrempé, s’aventurent ses mains aventureuses.  À ton oreille, elle te susurre des propos indécents, pervers, pendant qu’au fond des ses yeux verts tu vois des éclairs malicieux.

 

                                                                                                                                             Tu la prends, tu la plaques contre le mur de céramique blanche.  Tes gestes se font alors plus durs, plus violents, plus dynamiques.  Pendant que tu embrasses que tu mordilles ses mamelons, ton genou remonte entre ses cuisses jusqu’à sa toison.  Ses ongles se plantent dans ton dos, ses dents dans ton cou provocants une subtile douleur ne faisant qu’augmenter ton désir.  Puis tes doigts viennent prendre la relève de ton genou, ils explorent ses chairs sans gêne, avec insolence, avec insistance. Son bassin suit leurs mouvements en une charnelle danse, la danse de la passion, du plaisir partagé.

 

Elle se crispe, se contracte, se retient de gémir, se mord les lèvres, tentant tant bien que mal de ne pas crier. Tes doigts semblent avoir découvert la source d’un torrent impétueux.  Finalement, elle explose, tu n’entends plus que ses doux gémissements.  Elle empoigne tes cheveux, te pousse, t’oblige à t’allonger au fond de la baignoire. Plus rien ne semble pouvoir l’arrêter, des étoiles, elle te fait voir.  Ce moment, depuis si longtemps elle l’attendait, depuis des mois elle espérait que le feu couvant entre vous ne se transforme en incendie.  Tu as réveillé ses instincts, elle est devenue une tigresse qui te fait voir toute sa rage de peine et misère contenue  depuis les premiers jours de votre colocation.

 

Dans l’eau maintenant tiède, vos corps se pressent, se collent, se touchent.  En un long et sensuel baiser s’unissent vos deux bouches. Tu perds peu à peu tes repères, tu frôles la folie, ne sachant plus si tu es en enfer ou au paradis.  Ses mains, ses doigts caressent, cajolent, écartent tes fesses, se glissent dans l’orifice, lentement tout en tendresse.  Son majeur gauche s’enfonce toujours plus profondément, en bousculant tous tes interdits, il s’active gaiement.  Toi tu perds tout contact avec la réalité, plus rien n’existe sauf cet instant de folie.  Tu sens ton corps être parcouru par une décharge électrique prenant naissance dans ton bas ventre pour ensuite monter tout le long de te colonne vertébrale, se répandre jusqu’à ta nuque et te faire perdre pour un court instant tout contact avec la réalité.

 

Plus tard, après les cris, après les spasmes, après les frissons, vous sortez du bain sans même vous sécher, vous courez vous étendre sur le grand lit défait.  Puis comme elle est venue, s’éteint, s’étouffe votre furie.  Vos baisers sont maintenant plus doux, vos caresses aériennes, subtiles, tendres.  Vous retrouvez alors vos comportements de petites filles sages.  Ce n’est plus que du bout des doigts qu’elle effleure ta peau lisse pendant que ses lèvres glissent tout doucement sur ton corps, sur tes seins. Et finalement c’est comblée et amoureuse que tu t’endors enfin avec la venue du matin.

Par Le Poète
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Mercredi 14 septembre 2005

CONCOURS DE NOUVELLES, VOIR RENAUD-BRAY

Demain, oui demain je vais enfin savoir si je suis finaliste.

Ma nouvelle érotique Minuit aura-t-elle réussi à séduire les membres du jury??  J'espère que oui...

Plus qu'une nuit avant de le savoir...

Vais-je survivre???

Par Le Poète
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Mercredi 14 septembre 2005

ROCK AND ROLL BABY

C’est une rock and roll baby
Un animal sauvage en liberté
Une rage que rien ne semble combler
Une bombe prête à exploser

Elle a connu tous les excès, tous les interdits
Alcool, sexe, drogue, ainsi est sa vie
Elle carbure au crack, gobe de l’extasy
La seule façon pour elle d’affronter la vie

C’est une rock and roll baby
Les vêtements noirs, les piercings, les tatouages
Font tous partis de son image
De petite fille pas très sage

Mais moi tout cela je m’en fouts un peu
Parce que quand je regarde au fond de ses yeux
Je vois d’la tendresse, je vois un peu de ciel bleu
Je vois l’espoir de vivre avec elle des jours heureux

C’est une rock and roll baby
Une rescapée de l’enfer
Elle étouffe, elle manque d’air
Elle voudrait savoir comment faire

Quand elle décide de se lover contre moi
Quand dans mes cheveux se promènent ses doigts
Quand sa peau devient moite, quand elle tremble dans mes bras
Moi je deviens amoureux un peu plus à chaque fois

C’est une rock and roll baby

Par Le Poète
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