Tu serais mieux de changer d’idée avant qu’il soit trop tard
Avant que ton beau p’tit rêve ne vire en cauchemar
T’as pas la moindre idée de qui je suis vraiment
Un poète, un marginal, un ostie de gitan
Pour toé, ce ne sont que des mots, rien que des mots
Mais moé ces mots là, j’les ai de tatoués ben creux sous la peau
Le rock and roll, le sexe, les dépendances
Sont ancrés au plus profond de mon existence
Être libre, c’est tout ce que j’ai toujours voulu
J’me suis crissé des conventions, j’ai dormi à l’hôtel pis dans la rue
J’ai baisé, enculé les plus sublimes déesses
Pis j’ai aimé de toute mon âme, les pires pécheresses
Change d’idée, tu cours après ta mort
M’aimer c’est le pire des cauchemars
C’est Hiroshima pis Nagasaki en même temps
C’est l’horreur, j’te préviens sacre ton camp
M’aimer c’est la pire des folies que tu peux faire
T’as-tu vraiment le goût de connaître l’enfer
Aimer un éternel voyou, c’est pas évident
Tu risques de te briser le cœur, de te casser les dents
Dis-moi comment tu vas réagir
Si jamais j’repars sans prévenir
Pis que j’rentre à cinq heures du matin
La cravate défaite, du rouge sur mon col de chemise
Change d’idée, tu cours après ta mort
M’aimer c’est le pire des cauchemars
Toé, tu cherches à m’apprivoiser, à me dresser
Tu voudrais que je fasse le beau, que je cesse de japper
Que je devienne un p’tit caniche ben obéissant
Qui demande la porte, qui est pas trop dérangeant
Coudons, t’as-tu peur que je chie sur ton beau tapis
Désolé mais je pense que t’as pas tout compris
J’suis incapable d’endurer les moindres chaînes
Ceux qui m’emprisonnent ne récoltent que ma haine
J’ai besoin d’air, tu m’étouffe, décolle un peu
Laisse-moé vivre ma vie comme je le veux
Change d’idée, tu cours après ta mort
M’aimer c’est le pire des cauchemars
Pourtant, la nuit quand tu te glisses sous mes couvertures
J’en oublie d’me prendre pour un dur
Je deviens tout doux, un vrai petit pitou
J’te caresse partout, partout, j’te dis des p’tits mots doux
Au contact de ta peau de pêche, je redeviens humain
En embrassant tes petits seins, je redeviens un gamin
Il m’arrive parfois de croire en ta tendresse
Pis d’oublier toutes les autres gonzesses
Change d’idée, tu cours après ta mort
M’aimer c’est le pire des cauchemars
Dis-moi pourquoi t’es encore là, à me suivre pas à pas
Tu dis que tu m’aimes, moé j’comprends pas
J’ai pourtant rien d’un prince charmant
J’t’ai rien promis, tu sais même pas si j’serai encore là demain
La fidélité, je n’ai jamais compris ce que c’était
Je suis pas non plus un enfant de cœur, ça c’est vrai
Je t’ai si souvent fait de la peine
Alors dis-moi pourquoi tu m’aimes…
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